Cheap but not shit
Voilà, aujourd’hui, pas de politique ni de débats sanglants, je vais me la jouer fille de (presque) 20 ans, avec porte-monnaie à moitié vide et consumérisme avide.
Rayon fringues pour commencer. Eté oblige, il me FAUT des Nu-pieds compensés. Malheureusement, j’ai une image tellement précise de la paire de mes rêves que mes trois années de recherche n’ont pas porté leurs fruits. Non pas que je me balade en tongs ou carrément barefoot toute la journée. J’ai de superbes chaussures en paille tressée qui me rajoutent 4 cm, de quoi paraître aussi grande que ma sœur (si je me rajoute un chapeau et que je la pousse dans la caniveau pour jouir seule de la hauteur du trottoir). Non, je ne suis pas une naine. Simplement, je me suis arrêtée à 4 ou 5 cm de la porte d’entrée de la classe ultra-privée de la « taille moyenne féminine » (qui est de 1m62-63 je crois. Et pitié, si c’est plus ne me le dites pas !). L’essentiel, c’est que je fasse plus de 1m40, de toutes façons. En dessous, on n’a pas le droit de monter sur Space Mountain à Eurodisney.
Bref, Je retourne à mes investigations. La paire de chaussure parfaite qui, bien évidemment n’existe pas. En fait, elle a existé, à Auchan, en 2004. Mais ils ne l’ont plus jamais commercialisée, ce qui explique la haine sans borne que je voue à ma cousine (qui n’en avait acheté qu’une paire, et non pas dix comme je l’aurais fait moi-même). La vengeance est un plat qui se mange réchauffé trois minutes au micro-ondes ceci dit. C’est moi qui ai hérité des chaussures quand elle a décidé de passer à la mode tongs.
Non, je vous jure, ces chaussures étaient sublimes. Des tongs surélevées de 5 cm mais partout, pas juste sur le talon. De sorte qu’attraper des oignons avec était « cosa imposible ». La large lanière empêchait de perdre la chaussure, de sorte qu’on pouvait même s’autoriser une petite course à travers champs (j’ai dit petite, faut pas abuser non plus).
Le jour où maman m’a ordonné de les jeter à la poubelle. Je crois que j’ai perdu une partie de mon âme. Si vous pensez être capable de tomber amoureuse de vos chaussures, ne faites pas comme moi. N’achetez pas de Made in China…

En attendant un miracle, je me suis convertie au Made in Spain, aussi solide que nos amis les Asiatiques, mais au moins, j’achète européen. Pour 25 euros, des chaussures compensées en toile, sur le marché de Biarritz, Chez Gomez y Sanchez (ou Gonzalez y Diez). Warning : elles ne tiennent qu’une saison. Après, vous les portez sur le mode « hippie », à savoir que la toile est déchirée d’un côté de la chaussure, et que ça fait une splendide aération fort peu discrète (mais qui s’en soucie quand ça nous fait économiser 3euros de déodorant ?)
Niveau fringues, je suis une inconditionnelle de Camaïeu. J’y trouve presque toujours ma taille, le bon coloris et les prix sympas qui vont avec. Attention tout de même : j’ai cru remarquer que les euros avaient tendance à faire des petits avec l’arrivée des beaux jours, et dans ce cas-là, on peut aisément se retrouver avec une superbe chemise à moitié décousue pour plus d’une vingtaine d’euros. Ah, quand je pourrai m’acheter du Chanel…. (Notez l’emploi du futur et non du conditionnel. C’est ce qui s’appelle l’optimisme)
J’aime aussi beaucoup H&M, mais moins pour les vêtements (qui sont de plus en plus laids) que pour les vendeuses.
Le problème, chez Camaïeu, c’est qu’on ne peut pas être tranquille une minute : je peux vous aider ? Vous avez besoin de quelque chose ? ça vous va super bien ! Il faut la prendre ! Le pire étant l’arrivée à la caisse : ça fera 37 euros. Vous ne voulez pas une petite ceinture, avec ? Ou, regardez, nous faisons des promotions sur les casquettes Paris Hilton
Au moins chez H&M, les vendeuses ne demandent qu’une chose ; qu’on leur fiche la paix. Et ça me convient parfaitement.
Une fois par an, j’ai droit à mon jeans Levis. Mais ce jeans est très particulier : il me va super bien en cabine, me fait une silhouette d’enfer dans le miroir de la boutique. Et, deux semaines plus tard, quand je l’essaie chez moi, je me demande pourquoi je l’ai acheté. Ai-je donc des troubles de la perception ? Toujours est-il que mes jeans Levis s’entassent sagement dans mon placard, tandis que mes préférences vont à un super jeans espagnol (20euros), un slim noir de chez H&M, un jeans blanc Guess et un jeans Phare tous deux ayant appartenu à ma cousine (mon premier fournisseur en matière de vêtements de marque.)

Pour les maillots de bain, je ne suis pas compliquée, c’est Banana Moon ou une boutique biarrote spécialisée dans les deux-pièces. Je n’arrive toutefois pas à comprendre pourquoi 10cm de tissu valent aussi cher qu’un manteau. Tout ce que je demande à un maillot, c’est d’être joli et pas transparent. Et accessoirement seyant. Ce dernier adjectif n’entrant pas en ligne de compte chez les fabricants de maillots de moins de dix euros.
Deuxième étape : remplir son estomac

Epreuve de la plage oblige, on arrête les chips et les cacahuètes et on se met à la salade, aux tomates cerise, aux escalopes de poulet à l’origan et aux pommes. Effectivement, ça coûte plus cher qu’un happy meal chez Mac Do. Qu’à cela ne tienne, supprimez les sorties au resto du samedi soir, et substituez-leur la chronique de Midi de Petitrenaud sur France 5. Le plaisir gustatif n’est pas toujours au rendez-vous, mais certains plats sont tellement hilarants qu’on pardonne volontiers. Quand je suis en vacances, j’adooore regarder cette émission. Un jour, Petit a voulu me faire gober que je pouvais manger du caviar au safran et des truffes confites à la framboise fraîche pour moins de 50 centimes. Effectivement, quand on voyait la taille de l’assiette et ce qu’il y avait dedans, on ne pouvait que lui donner raison. Un grain de caviar et un demi champignon se battant contre trois feuilles de laitue au vinaigre balsamique.

Deux problèmes ceci dit:
1) : je n’ai jamais vu la Tour d’Argent facturer une pareille assiette à moins de 50 euros (bon, ok, je ne suis jamais allée à la Tour d’Argent, non plus, mais je compte sur la réputation du restaurant pour me donner raison). De quelles qualités extraordinaires jouit donc le personnel pour que le service soit aussi cher ? A moins que le client ne doive rembourser l’emprunt du restaurant pour l’achat de quelques dizaines d’assiettes en porcelaine de Chine. Tant qu’à faire, je préfère une bonne tartine gourmande du « Ô Poivrier » dans une belle assiette blanche Ikea.
2) si je tiens à réaliser ce plat moi-même, je me vois mal me rendre au marché et demander au primeur une moitié de truffe, trois feuilles de salade et à l’épicier une rognure d’ongle de safran et une cuiller à soupe de vinaigre. On achète tout ou on n’achète pas. Résultat, on en a pour largement plus que 30 euros.
Troisième étape : se « culturer » l’esprit, comme dirait l’autre.
Je me lancerais bien dans la rubrique livres et ciné, mais je serais alors obligée de mettre mon cynisme de côté, et ça me perturberait beaucoup. Mais bon, seuls les imbéciles ne changent pas. Voici ma petite sélection de la semaine
Ciné :
- Sous les bombes, de Philippe Aractingi : un film terrifiant sur « l’après-guerre » du Liban de 2006. Dès la première scène, on a l’impression de vivre le bombardement, au même titre que les familles. L’originalité du film ne tient pas tant au sujet qu’à la manière dont il a été réalisé : presque exclusivement des images réelles. Il n’y a en fait que trois ou quatre acteurs. Le réalisateur a adapté son film aux témoignages qu’il recueillait des victimes, des forces de l’ONU, des journalistes ; etc. Bouleversant de sincérité, de tristesse, et, paradoxalement, d’espoir. (durée : 1h33)
- Et puis les Touristes, de Robert Thalheim : parce qu’on n’avais encore jamais présenté Auschwitz sous cet aspect-là : les visions polonaise et allemande contemporaines sur les horreurs du passé ; la haine à peine dissimulée des premiers contre la honte toujours présente des seconds. Un film qui présente l’art de dissimuler les blessures du passé, par de l’herbe, de nouvelles maisons, le service civil ; tout en nous obligeant à un devoir constant de mémoire. (durée : 1h22)
- Les Citronniers, de Eran Riklis : parce que le conflit israélo-palestinien trouve un visage nouveau et bouleversant à travers la lutte d’une femme palestinienne tentant de préserver ses terres et ses citrons de la menace représentée par son nouveau voisin, le Premier Ministre himself. Parce que les Palestiniens auront toujours tort, mais également parce que les Israéliens ne sont pas tous des monstres obsédés par l’idée d’éradiquer Gaza. La preuve en couleur jaune acidulé. (durée : 1h46)

Niveau livres :
- L’élégance du hérisson, de Muriel Barbery. Que je ne marque que pour rendre hommage à l’auteur, étant donné que les seules personnes susceptibles de n’avoir pas lu ce chef-d’œuvre sont les analphabètes. Ou, à la rigueur, les détracteurs de Husserl
- Mangez-Moi, d’Agnès Desarthe. Parce que femme, parce que amour de la cuisine, parce que amour tout court. On croque cette petite centaine de pages comme on dégusterait un fruit bien mûr fraîchement cueilli. Un secret bien dissimulé, la solitude pour compagne, et une évolution à la Anna Gavalda. Rien que de la bonne humeur.
- Ponton à la dérive, de Daniel Katz. Parce que je pars en Finlande dans deux mois, et que je découvre peu à peu la littérature de ce pays. Toujours loufoque, toujours absurde. Même si Daniel Katz apporte une dimension autre que Paasilinna. Ce livre est une rencontre hasardeuse entre l’histoire finlandaise et l’histoire serbe et bosniaque, sur fond russe. Un mélange de cultures et de langues, des rappels et des explications sur les ravages causés par les guerres dans l’ex-Yougoslavie depuis 1389. Le tout agrémenté d’une relation perverse entre un jeune historien, un Colonel aveugle, une jeune serbe virtuose du violon et un domestique à l’identité problématique.
Par anneso unmondepresquerose, Mardi 27 Mai 2008 à 18:00 GMT+2 dans mode et stress (article, RSS)





Et je ne risque pas de le lire avant longtemps, j'ai encore pleeein de livres en attente.




