Le 24 octobre 1929, le krach de la Bourse de New-York marqua l'entrée du monde dans ce qui allait être la plus grave crise économique du XXème siècle. La Grande Dépression était née (musique de Beethoven pour renforcer l'effet dramatique). En quelques semaines, l'indice du Dow Jones enregistra une perte vertigineuse de 89% de sa valeur.
Progressivement, la crise toucha la planète entière. Par un effet domino, la chute boursière paralysa l'Angleterre, l'Allemagne et, enfin, l'Europe dans sa globalité. La France fut épargnée dans un premier temps, grâce à la force de sa monnaie et sa solide politique économique (non, c'est une blague : en fait, elle était tellement en retard au niveau industriel, avec une économie tellement cloisonnée et si peu d'échanges avec les Américains que les effets de la crise ne se sont fait sentir qu'à partir de l'arrêt du commerce avec les autres Etats voisins).
Le taux de chômage atteignit des sommets, la misère rôdait dans les rues. On se battait pour un morceau de pain, on se promenait les poches pleines de billets de banques inutiles, car l'inflation faisait rage. Le système bancaire était mort. Certains se mettaient à relire l'Apocalypse selon Saint-Jean, annonçant la fin prochaine de la population terrestre. Le désert gagnait peu à peu les portes des villes.
Heureusement, sur son cheval blanc, le célèbre Roosevelt déclara la guerre à la crise, et en trois bottes de foin, remit le géant américain en selle et, grâce aux bienfaits de la Seconde guerre mondiale, celui-ci atteignit enfin le rang de l'hyperpuissance à laquelle il aspirait depuis si longtemps.
Du côté européen, nous fûmes moins chanceux. La guerre nous concernait directement, alors forcément, nos enfants avaient moins de bonbons à se mettre sous la dent (ceci dit, on voit ce que ça a donné aux USA...).
Clopin-Clopant, la France et ses petits voisins européens décidèrent de se donner la main pour construire un marché qui pourrait surmonter les crises, et éviter d'obliger les populations à se nourrir exclusivement de chou rouge si un nouveau krach devait avoir lieu (pourquoi le chou rouge ? Parce que je déteste ça). Et paf ! ça fait des chocapic ! La CEE.
En 2007, l'Union européenne peut facilement rivaliser avec les Etats-Unis sur le plan économique. Ses secteurs sont solides, son organisation presque parfaite, la réalisation du marché commun un succès (ou peu s'en faut). La fameuse zone euro semble fonctionner, à tel point que la monnaie unique finit par dépasser la valeur du dollar. Tout va bien donc.
Tout va bien ?
En fait, pas tout à fait. Avec les problèmes en Irak, en Afghanistan, en Iran, au Pakistan, en Israël, au Liban, au Darfour, au Tibet, au Tchad, au Venezuela, les USA ont eu de plus en plus de mal à ne pas dévoiler leur vrai visage, qui aurait brisé à jamais leur fameuse idéologie du « monde des méchants et des gentils ». Solution ? Une petite crise économique planétaire, afin de se porter ensuite au secours des asphyxiés. L'hyperpuissance peut tout résoudre.
Bon, ok, je falsifie un peu. Disons qu'encore une fois, la mouise nous vient des USA. La crise des subprimes, c'est leur bébé quand même !
Où en sommes-nous ? Dans le journal Capital de ce mois-ci, il est écrit que la France ne sera touchée que tardivement par la crise (tiens, tiens) car son économie ne dépend que fort peu de celle des USA. En fait, c'est à cause de l'Allemagne et de l'Angleterre qu'elle risque de souffrir.
Le lendemain, j'allume la radio, et j'apprends avec horreur que la Bourse de Paris est de plus en plus secouée par la menace de crise. La France serait en voie de se prendre la récession de plein fouet. A cause de l'euro fort, à cause de Kerviel, à cause de la délocalisation des industries en Roumanie, à cause du salaire de Sarkozy, à cause du bide monumental d'Astérix (cherchez les bonnes réponses, s'il y en a).
J'aime beaucoup écouter les infos, mais là, ça vire vraiment au mélo. Le pire, c'est que c'est avec ce genre d'exagérations qu'on finit par se retrouver en plein dans le rouge.
Remarque, ça donne un moyen au gouvernement français de justifier l'absence de réforme du pouvoir d'achat : la crise menace, alors si vous voulez échapper au chômage et tutti quanti, il faut cesser de nous demander une baisse des prix ou une augmentation des salaires !
Ce qui est marrant, c'est que je n'ai rien entendu de tel chez nos voisins espagnols, italiens ou finlandais, qui font pourtant partie de la zone euro et devraient souffrir en cas de crise.
En attendant, certains pays prennent les choses en main. Les USA prennent les choses en main ! Ne s'estimant pas responsables de ce problème économique, ils l'affrontent quand même courageusement. La Fed a rassuré la bourse de New-York en abaissant ses taux directeurs, alors que la BCE refuse catégoriquement de dévaluer l'euro (les Allemands et leur obsession de l'inflation...). Et puis, les nouveaux candidats pour la présidence des USA ont des stratégies en béton !
Hillary Clinton ; un plan de relance pour soutenir la croissance américaine, aider les familles en difficulté, étendre la couverture maladie à tous ceux qui n'en ont pas
Barack Obama : soutien à l'économie par une fiscalité moins lourde, et la suppression des baisses d'impôt accordées par Bushito aux grandes entreprises et aux ménages aisés (on a l'impression d'être en plein XVIIème siècle ! les Pauvres payent, les riches sont exemptés...)
John McCain : mon préféré : contrairement à ses deux adversaires démocrates, McCain est 100% d'accord pour que les riches ne paient plus jamais d'impôts élevés ! Il reconnaît aussi que « l'économie, ce n'est pas son truc » (capital, Mars 2008).
J'adore ! Les républicains, s'ils n'existaient pas, il faudrait vraiment les inventer !
Où en est notre Républicain favori, à la veille de sa fin de présidence ? En ce moment, tout ne se passe par comme prévu aux USA. Petit problème pour enrayer la crise, diminuer le nombre de saisies de propriétés, la hausse du pétrole, la menace de la dépression. Et, son mandat touchant à sa fin, Bushito aimerait qu'on ait un souvenir de lui qui ne soit pas lié au portefeuille vide. Alors, vite, il met en avant ses prodiges en matière de géopolitique et de diplomatie internationale.

Doux Jésus, je pleure de joie. Voici le titre du Monde : « Cinq ans après le début de la guerre en Irak, George W Bush parle d'une victoire stratégique majeure ». Voilà le maître mot du Roi de la guerre. c'est un succès. Il faut persévérer ! On ne sait pas bien où il espère trouver les sous pour maintenir les troupes américaines sur le territoire ennemi. Ce n'est pas tellement son problème vu que, d'ici quelques mois, il coulera des jours heureux au Texas, en sirotant son pastis sans alcool, un chapeau de paille sur la tête, un joueur de banjo à ses côté, discutant avec Monsieur le Président de la République française, en lunettes D&G et short Ralph Lauren, qui bave d'admiration devant la force et la grandeur de Bushito : « you see Nico, être Président, c'est avant tout avoir la classe, c'est-à-dire débiter des énormités, et les assumer ! Je me marre tous les jours, quand je vois la galère dans laquelle j'ai plongé ces crétins. La guerre en Irak ? L'une des plus grosses bourdes américaines. Avec mes potes, Rumsfeld and Co, on aime bien parler de Vietnam 2. ça nous fait marrer qu'on ait continué à nous accorder des crédits pour une occupation illégale et criminelle d'un territoire où notre objectif n'était nullement humanitaire, encore moins anti-terroriste ; nan, juste pour s'emparer du pétrole et s'en mettre plein les poches. N'oublie pas ça : parle le plus possible, souris, fais ami-ami avec les riches, et les Français auront beau gronder, se révolter face à la dépression qui sévit dans leur pays, tu conserveras le pouvoir. Si tu joues bien, tu peux même te faire réélire ! J'ai, dans mes contacts, un des fils Ben Laden qui serait ravi de bombarder la Tour Montparnasse la veille des présidentielles, si ça peut te rendre service. »
Ne vous rongez pas les sangs, fiers petits Français, jamais Nico ne s'abaissera au niveau de Bush. D'abord, parce que la France, ce n'est pas l'Amérique (heureusement et malheureusement, j'aurais bien imposé le Saint-émilion comme boisson internationale, plutôt que le coca-cola, mais je n'aurais pas aimé que tout le monde déteste ma nation). Ensuite, parce qu'on ne peut pas nous prendre éternellement pour des attardés.
Je suis obligée de mesurer mes paroles, comme vous avez pu le constater, via cet article d'érudition. Je ne sais pas bien si on aura un 1929 bis, en tout cas, Big Brother est en train de s'imposer sur le net, en la personne de Nicolas Princen, l'espion présidentiel, chargé de traquer tout ce qui peut être dit de vilain sur notre super président. Je savais que la liberté d'expression de la presse était de plus en plus limitée, mais je ne pensais pas qu'un jour, je courrais le risque de me faire taper sur les doigts pour m'être moquée de la coiffure burlesque de Nico.
Je disais donc qu'il ne faut pas s'inquiéter. Les élections municipales sont passées, et Monsieur Sarkozy, après avoir intelligemment remanié son gouvernement (je viens d'apprendre que Nadine Morano avait intégré l'équipe de Fillon, et ça me laisse perplexe, étant donné son écrasante défaite aux élections...), supprimé la parité, l'ouverture à gauche, au centre, en arrière, Nico a solennellement annoncé qu'il allait sérieusement continuer à mettre en œuvre les réformes promises avant les municipales. Je n'en sais pas plus que vous, les journalistes n'ont pas développé de quoi il s'agissait (censure ou méconnaissance ?). Un petit coucou du côté des retraites, une épuration du corps enseignant...
Allez, finissons en beauté par une courte analyse d'un extrait de la Parole présidentielle : Au plan national, ces élections ont exprimé une attente, une impatience, une interrogation aussi sur la possibilité que les engagements de la campagne présidentielle puissent être tenus dans une conjoncture que chacun perçoit comme plus difficile" à effectivement, le Président a parfaitement compris ce que signifiait le fait que la gauche continue de dominer la majeure partie du territoire français. En réponse, il remplace ses ennemis par des vrais sarkozystes. La gauche,définitivement exclue du pouvoir n'a qu'à bien se tenir !
"La plus mauvaise réponse serait de ralentir le changement (...). Depuis 1958, aucun gouvernement n'a autant agi, autant réformé --> la carte judiciaire, l'Education nationale, le salaire présidentiel, la réforme des universités. Ouf ! Tout ça en un an ! Bravo ! Avec des réformes si rapides et si primordiales, la France ne devrait pas tarder à retrouver son niveau économique d'avant 1914.